Une question d'harmonie
L'habitat sain
Membre du cabinet d'architecture Chrysalide, René-Jean Moinard anime également la société Architecteurs, qui conçoit et commercialise des maisons en bois. Il participe à un projet architectural franco-suisse qui vise à diviser par 3 ou 4 la consommation énergétique de l'habitat existant.
L'habitat sain, est-ce une notion nouvelle ?
Le principe de l'habitat sain est bien antérieur au mouvement de mode actuelle réclamant ce qui est bon pour la santé, pour l'environnement et pour l'éthique.
Nous, les architectes, nous savons depuis longtemps qu'
un bâtiment est sain lorsqu'on gère:
• les flux d'air,
• la température,
• l'hygrométrie,
• la lumière,
• l'ensoleillement.
On peut, aussi, s'intéresser aux champs magnétiques ou aux flux d'eau voisins. Il faut, bien sûr, veiller à la qualité des matériaux, à l'isolation, à la qualité de l'eau et au recyclage.
Peut-on, vraiment, faire confiance aux techniques et aux matériaux « écologiques » ?
Bien malin qui peut dire, aujourd'hui, quel sera, dans 10 ou 20 ans, le rapport qualité - tenue - santé de ces nouveaux matériaux.
Aujourd'hui, il existe bien d'autres produits, pour l'isolation, que la laine de verre et la laine de roche. Nous avons, nous-même, utilisé et testé la
laine de bois. Il s'est avéré qu'elle produit des poussières qui peuvent gêner les personnes asthmatiques. Le bois, matériau naturel, nécessite parfois un traitement chimique pour le protéger des rongeurs, des insectes xylophages, des champignons. Certains produits d'origine végétale peuvent susciter des allergies. Cela ne veut pas dire qu'ils ne sont pas sains. Cela veut dire qu'il faut
bien réfléchir avant de les choisir pour « son » logement.
Il s'établit un rapport personnel entre soi et sa maison ?
Il existe une relation qu'on explique mal mais qu'on perçoit bien :
>> une sorte de transfert d'énergie entre les matériaux utilisés et l'habitant.
Cela contribue au sentiment de confort. Plus objectivement, ce confort dépend d'une faible fourchette des températures - été comme hiver - d'une bonne ventilation, d'une bonne luminosité et, encore une fois, d'une bonne isolation.
Dans ce domaine, la France est très en retard par rapport à nos voisins suisses.
Vous voulez dire qu'il faut changer nos conceptions de l'habitat ?
On construit encore, aujourd'hui, des pavillons qui sont déjà obsolètes avant d'être terminés. L'isolation intérieure ne permet pas de supprimer les ponts thermiques d'une maison de parpaings. Les constructions en bois sont beaucoup plus efficaces à ce point de vue.
Mais on peut réhabiliter efficacement l'habitat ancien en améliorant cinq critères, grâce à de nouveaux matériaux et techniques :
• l'isolation,
• le rendement énergétique de l'installation de chauffage,
• la ventilation (double flux, puits canadien...),
• la production d'eau chaude sanitaire (solaire ou géothermie)
• la production d'électricité, avec des cellules photovoltaïques par exemple...
On peut, ainsi
diviser la facture énergétique par trois ou quatre.
Et s'il y avait un choix à faire ?
La recette la plus
immédiatement rentable, au plan du confort et de l'économie d'énergie, consiste à
doubler l'épaisseur de l'isolation.
(Source : André Fouquet, Ouest-France)
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