vendredi 11 janvier 2008
Le transfert d'entreprise est souvent un exercice périlleux. Mais cela peut s'avérer être une aubaine. Illustration au Garage du centre.
« Lors d'un rachat d'entreprise, il faut un intérêt commun entre les deux partis. » Pour Pascal Bannier, repreneur du Garage du centre en juillet 2006, il faut renoncer à l'idée même du bénéfice à tout prix et privilégier l'application du « PDA ». Cette formule énigmatique cache en réalité des notions bien précises à savoir : Préserver, Développer et devenir Actif dans un domaine que l'on ne connaît pas.
Vendeur automobile indépendant, reconverti un temps en agent d'assurance, en 2006, Pascal Bannier cherche à développer son concept de vente de véhicules à la demande, en faisant l'acquisition d'un garage. « Créer un nouveau site est très périlleux. Les banques boudent les projets et ont du mal à s'engager, souligne-t-il. De par son professionnalisme et sa clientèle fidèle, une entreprise artisanale constitue souvent une mine d'or pour celui qui souhaite avoir sa propre boîte. »
Préserver les acquis
Ainsi le vendeur de voitures entre en contact avec Jean-Yves Kerhoas, qui a révélé dans la presse son intention de vendre son garage, après 42 ans d'activité. Pascal Bannier avoue : « Je ne suis pas mécanicien de métier, mais mon expérience dans les affaires constitue une valeur ajoutée pour cette entreprise. Un entrepreneur doit savoir se limiter à ce qu'il sait faire et surtout déléguer si besoin est. »
En ce sens, en rachetant le Garage du centre en juillet 2006, il n'hésite pas à embaucher Christophe Lachever, mécanicien expérimenté, et engage en tant que salarié Jean-Yves Kerhoas, l'ancien propriétaire des lieux. Le but de la manoeuvre étant d'assurer la transmission du savoir-faire, facteur clé de la rentabilité de l'entreprise. Il accueille également un apprenti. « C'est une chance pour lui d'être formé par Jean-Yves. La relève est peut-être déjà assurée... »
Donner un coup de neuf
« Ce garage, dont Jean-Yves est devenu propriétaire en 1989, après y avoir été apprenti puis ouvrier, c'est comme un enfant qui a encore des choses à apprendre. À mon tour, aujourd'hui, je m'efforce de lui donner un nouveau souffle, » déclare Pascal Bannier. Pour ce faire, il développe la vente automobile multimarque, un secteur qui ne représente alors qu'une faible part de l'activité du garage. « J'apporte des nouveautés tout en préservant les acquis de l'entreprise. »
Il n'y a pas eu de bouleversements pour autant. Pour Jean-Yves Kerhoas, cette transmission s'est faite de façon naturelle. Les relations entre les deux hommes sont d'ailleurs basées sur le respect et l'écoute de l'autre. « Chaque avis compte, confie Pascal Bannier. Grâce à Jean-Yves, je suis d'ailleurs toujours en formation. »
En quelques mois, le petit garage que certaines concessions automobiles qualifiaient d'invendable a enregistré une hausse de son chiffre d'affaires. « Le secret de la réussite d'une entreprise saine économiquement parlant : se développer à son rythme. »
Émilien DRONIOU.