mardi 15 janvier 2008
Depuis novembre 2007 dans le Morbihan, les constructions neuves doivent être équipées d'une barrière antitermite. Exemple à Ploemeur.
Alain Guéhennec est charpentier de métier. Depuis vingt ans, cet artisan lorientais construit des maisons à ossature bois (AGC Bois). Le principal ennemi de ces maisons, c'est le termite. Or cet insecte tropical a réussi à s'implanter sur le littoral français. Très présent en Loire-Atlantique et en presqu'île de Rhuys, il colonise aussi deux îlots à Lorient.
Dans les départements infestés, toutes les constructions neuves devront désormais être équipées d'une barrière antitermite. Depuis novembre 2007, c'est la loi. La maison qu'Alain Guéhennec construit à Ploemeur se trouve en dehors des zones à risques. Le propriétaire a pourtant choisi une protection très performante. En effet, aidés par le réchauffement climatique et par les transports de remblais, les termites gagnent sans cesse du terrain. Alors, sans tomber dans le catastrophisme, autant éviter de leur donner ses murs à manger...
100 000 maisonssans parasites
La maison est entourée d'une barrière de protection physico-chimique en tissus : une toile imprégnée d'insecticide entre deux films de polyéthylène. Ce procédé, créé par Bayer et vendu sous la marque Kordon, est distribué en Bretagne par Koat Chimie à Noyal-Pontivy. Le Kordon est placé entre la dalle béton et l'ossature bois. Il est distribué sous forme de film étanche. Simple d'emploi, et efficace : dix ans d'expérience en Australie, et cent mille maisons sans une attaque de termites. Koat Chimie forme les personnels de chantier à la pose, qui doit respecter des règles bien précises.
Troisième acteur de la maison bois ploemeuroise, Le Touze Distribution à Lorient. L'entreprise a mis au point un véritable kit professionnel : Solumob (pour « Solution maison ossature bois). L'artisan qui construit fournit ses cotes. Il récupère directement coupés ses bois d'ossature et de structure, ses panneaux, la menuiserie, l'isolation, la vêture et même les terrasses. Depuis vingt ans, Alain Guéhennec est un client de Le Touze et c'est par son fournisseur qu'il est entré en relation avec Koat Chimie.
Évidemment, on voit bien la nécessité de protéger les maisons à ossature bois. Mais les maisons traditionnelles ? En fait, le mortier n'est pas un rempart ; les termites profitent des espaces entre les joints pour aller attaquer les bois d'intérieur. Donc là aussi une protection s'impose. Au final, les risques de contamination sur une maison bois ne sont pas supérieurs à ceux d'une construction traditionnelle.
Yann LUKAS.