jeudi 13 mars 2008
Les maisons bioclimatiques restent rares. Cependant, de plus en plus de particuliers choisissent des matériaux naturels et des énergies renouvelables.
L'entreprise Denis matériaux dont le siège se trouve à Guichen, vient de sortir un éco-guide, titré « Avec vous pour bâtir un avenir durable ». Presque un slogan politique qui témoigne d'une vraie prise de conscience environnementale et d'un marché plein d'avenir pour les professionnels de la construction.
« L'éco-construction est un secteur encore émergent, modère Benito, salarié de l'entreprise. Cependant, nous sentons qu'il est de plus en plus porteur et qu'il va se démocratiser. » Pour l'instant, il ne représente encore que 10 % seulement du chiffre d'affaires de l'entreprise. Principale raison : le coût plus élevé par rapport à des matériaux dits classiques. « La laine de verre reste 30 à 40 % moins cher que la laine de chanvre », résume Benito.
Des aides financières
Il existe cependant des aides financières comme le crédit d'impôts, le Plan soleil (réservé aux foyers non imposables) ou le Plan bois énergie pour favoriser le développement des maisons de demain. L'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et l'Anah (Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat) apportent également une aide, notamment sous la forme de conseils et de prédiagnostics.
Dans certains cas, les matériaux naturels ne sont pas plus onéreux, au contraire. Agnès Bougeard et son mari Michel proposent des toitures en chaume depuis plus de 20 ans, à Pleurtuit. « Cela coûte parfois plus cher de réaliser l'isolation et la pose d'ardoises que de poser une toiture de chaume », souligne Agnès Bougeard. Depuis cinq ans, elle enregistre de plus en plus de demandes de dépose d'ardoises pour des remplacements par une couverture végétale. « Les clients sont attirés par le côté bio du matériau et aussi par les économies d'énergie. Le chaume étant une toiture isolante qui vit et respire, chaude l'hiver et fraîche l'été ». L'entretien se résume à l'enlèvement des mousses, tous les 15 ou 20 ans.
Toujours à Pleurtuit, l'entreprise Facilasol se consacre aux systèmes solaires photovoltaïques. Pour la pose d'un panneau, il faut compter environ 1 200 €. « Ça reste cher, reconnaît l'un des responsables de l'entreprise. Cela dit, les panneaux solaires sont un placement pour l'avenir, le particulier pouvant revendre une partie de son énergie à EDF qui la rachète huit fois plus cher... »
Pour ceux qui n'envisagent pas de passer tout de suite au solaire, aux pompes à chaleur ou à la maison bois, restent les petits gestes de la vie quotidienne : ampoules basses consommation, étiquette énergie sur l'électroménager, extinction des lumières inutiles, tri des déchets, bref le b-a-ba de l'éco-citoyen. Derniers chiffres à méditer : un degré de moins dans une pièce, c'est 7 % de consommation en moins...
Hélène PERRAUDEAU
Plus d'info : consultez notre dossier complet sur la maison basse consommation