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jeudi 24 avril 2008

Maison bioclimatique : la maison d'Alain se régale de soleil


L'architecte qui l'a conçue participera aux tables rondes du salon de l'habitat durable à Saint-Avé. Alain, son propriétaire, dit le plaisir à y vivre.


Alain Ridard, décrivez-nous votre maison.

Nous (1), ce qu'on voulait, c'est une maison ouverte sur l'extérieur qui profite au maximum des apports caloriques externes. Notre précédente habitation à Bruz avait déjà de grandes baies vitrées mais elle était de conception classique.

Nous avions des idées sur les économies d'énergie. Le terrain de 500 m2, en pleine ville de Vannes, à Kercado, a été une belle opportunité pour faire construire en 2005-2006 cette maison bioclimatique de 170 m2 sur deux niveaux. Il permet une bonne exposition au sud, chose fondamentale dans notre région. Sur le toit, 20 m2 de panneaux solaires permettent de chauffer l'habitation.


C'est suffisant ?

Nous avons une chaudière gaz en appoint (consommation de 650 m3 à l'année soit 40 kWh/m2). Ça ne nous est pas utile actuellement : nous l'avons arrêtée au début du mois. Le solaire thermique sert non seulement au chauffage par le sol (circuit d'eau au rez-de-chaussée) mais réchauffe aussi l'eau des sanitaires.

Nous avons aussi un poêle à bois. C'est presque superflu mais c'est le plaisir d'avoir du feu dans la maison. La maison est conçue (murs extérieurs avec enduit à la chaux de couleur suffisamment sombre, toiture en zinc...) pour absorber la chaleur du soleil et la restituer.


Qu'est-ce qui vous a conduit à retenir un tel type de maison ?

C'est d'abord une démarche écologique complète (compostage, alimentation...) qui s'est faite progressivement. Avec l'architecte vannetais Bernard Menguy, ça collait bien. On ne se sentait pas prêt pour une maison tout en bois, alors on a opté pour la bio brique tout en donnant une belle place au bois (huisseries, parquet à l'étage...), matériau qui évite les ponts thermiques (2). Nous nous sommes approvisionnés autant que possible en produits locaux pour éviter des dépenses énergétiques en transport et auprès d'artisans.


Est-ce que ça représente un gros investissement ?

Le coût total de la maison (sans le terrain), honoraires d'architecte compris a été de 260 000 euros (1 500 euros/m2). Sont inclus là-dedans, le petit bâtiment garage-atelier construit au nord, à l'extérieur (pour éviter les vapeurs d'essence et gaz d'échappement) et le système de récupération de l'eau de pluie (cuve de 10 m3) qui suffit pour alimenter les WC et le lave-linge.

L'investissement de départ constitue bien sûr un frein pour les jeunes mais certains équipements peuvent être installés plus tard grâce aux économies réalisées. La proximité du centre nous permet des déplacements à pied. On se passe souvent d'éclairage artificiel : quand c'est allumé dans les maisons du quartier, ça ne l'est pas chez nous.


Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui voudrait, comme vous, faire aménager une maison à basse consommation ?

D'abord en être persuadé et ne pas le faire par effet de mode. Passer de préférence par un architecte, un maître d'oeuvre déjà expérimenté dans ce type de construction : pas quelqu'un qui s'improvise spécialiste en maisons bioclimatiques pour exploiter un marché porteur. Et choisir soigneusement son terrain : c'est fondamental.

(1) Alain, informaticien, Agnès, infirmière-puéricultrice, deux grands enfants de 21 et 23 ans.

(2) Endroits de la construction moins résistants thermiquement par lesquels la chaleur peut s'échapper.


Extrait Ouest-France


Consulter notre dossier spécial "La maison basse consommation"



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