mercredi 9 avril 2008
Plus lente, la hausse de l'immobilier se poursuit
Le département est épargné par la dépression immobilière. En 2007, les prix ont progressé. Mais il faut aujourd'hui plus de temps pour vendre son bien. Le signe d'une baisse annoncée ?
Un six pièces aux Sables-d'Olonne en 2003 avec 200 000 €; avec la même somme, « seulement » un trois pièces au Château-d'Olonne ou à Saint-Jean-de-Monts en 2007. Un appartement de deux ou trois pièces aux Sables-d'Olonne avec 100 000 € en poche en 2003 ; un deux pièces à Saint-Hilaire-de-Riez ou à Saint-Jean-de-Monts en 2007.
Les chiffres (présentés mardi à la chambre des notaires) parlent. En l'espace de quatre ans, avec un même budget, les candidats à l'achat ne pouvaient pas acquérir le même bien. Car les prix ont continué de grimper, contrairement à ce que les spécialistes ont pu observer dans d'autres départements, comme dans le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine ou encore la Loire-Atlantique, où les prix ont baissé, parfois sérieusement.
La Vendée échapperait-elle à la dépression immobilière ?
A priori. Explication avancée parmi d'autres : peut-être l'augmentation raisonnable des prix de ces dernières années, qui permettent au marché de rester encore orienté à la hausse. Pour combien de temps ? C'est aujourd'hui toute la question, et elle taraude les spécialistes. Car si la hausse persiste, elle marque le pas, le marché donnant des signes d'essoufflement. Et les fortes progressions qu'on pouvait encore observer en 2006, « par exemple sur le secteur des maisons anciennes », note Benjamin Barathon, notaire à Jard-sur-Mer, semblent bien appartenir au passé.
Les vendeurs doivent être patients
Ce qui ne surprend pas plus que ça les spécialistes. « En 2006, on annonçait déjà une décélération du marché, se souvient Patrice Freizeffond, président de la Chambre des notaires de Vendée, et en 2007, on parlait d'un coup de frein. » Le coup d'arrêt, voire le recul, est-il pour 2008 ?
Prudent, les professionnels de l'immobilier préfèrent ne pas trop s'avancer. Mais ce premier trimestre 2008 donne déjà quelques tendances. Premier indicateur de cette tendance, le nombre de biens sur le marché. « Il y a aujourd'hui plus de biens que d'acquéreurs », remarque Patrice Freizeffond. Conséquence : les vendeurs doivent prendre leur mal en patience. « Mais ils vendront au prix demandé s'ils peuvent attendre », croit pouvoir affirmer Patrice Freizeffond.
Signe avant-coureur d'un marché immobilier vendéen arrivé « au bout du bout » de la hausse, avec des possesseurs qui anticiperaient une baisse du marché ? Les notaires ne le pensent pas, voyant là plutôt les effets « d'une baisse du nombre des acquéreurs ».
Reste alors à savoir pourquoi les acquéreurs se bousculent moins au portillon, dans un département où les jeunes continuent de devenir propriétaire. Mais au prix fort. « Il n'est plus rare de voir des jeunes ménages emprunter sur 30 ans, 35, voire même 40 ans », constate Benjamin Barathon. Gare à la casse au moindre accident de parcours, professionnel (chômage par exemple) ou familial (divorce).
Philippe ECALLE, Ouest-France
(1) Sur 10 ans, rappelle Benjamin Barathon, « le prix des maisons anciennes a triplé sur les îles et le littoral, et sur la même période, il a doublé à La Roche-sur-Yon ».
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