vendredi 8 février 2008
Pour que les professionnels du bâtiment prennent le virage écologique, la Capeb va proposer des formations aux artisans. Mais du travail reste à faire.
Le bâtiment est responsable de 25 % des émissions de gaz à effet de serre, soit autant que les transports. Il est donc hautement concerné par la législation bouillonnante sur l'environnement.
Pour informer ses troupes, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment souhaite donc sensibiliser ses troupes. Elle lance deux modules de formation de deux jours à l'éco-construction pour les artisans.
L'urgence pointe. Depuis 2000, les pouvoirs publics se sont engagés à réactualiser tous les cinq ans par la règlementation les normes de consommation d'énergie des bâtiments neufs. Dans cette optique, la loi de 2005 sur la règlementation thermique, franchit un palier.
Mais le travail de pédagogie reste à faire : « Seules 30 à 40 % des constructions sont conformes à la règlementation en vigueur, indique Michel Dy, membre de la société de conseil énergétique Icofluides. Les pouvoirs publics font des lois mais ne mettent rien en place pour les appliquer. Les contrôles de la Direction départementale de l'équipement sont insuffisants. »
De plus, les lois de la concurrence commerciale demeurent : « Construire aux normes coûte plus cher. Lorsqu'un concurrent ne respecte pas la règlementation, on s'aligne et on ne joue pas non plus le jeu », avoue Françoise Teroute, coprésidente du bureau des maçons.
Pourtant, Michel Dy estime que « les professionnels du bâtiment gagneraient en considération à construire des maisons respectueuses de l'environnement. » Les avantages existent aussi pour les particuliers : « Les gens ne doivent pas hésiter à payer un peu plus cher pour construire une maison qui consommera moins. Les coûts sont moindres à long terme. De plus, est-ce que tout le monde aura les moyens dans dix ans de continuer à vivre dans des maisons énergivores ? Ce n'est pas sûr ! »