mercredi 16 avril 2008
Presqu'île : « Sain réajustement » de l'immobilier
Depuis dix ans, l'afflux de touristes en quête de résidences secondaires a fait grimper les prix de vente. Mais l'heure est aujourd'hui au tassement.
« Enfin ! », se réjouit en substance Paul Bénéat. « Les prix baissent par rapport à un niveau qui était exagérément haut, précise l'agent immobilier, présent sur toute la presqu'île. C'est un sain réajustement, que toute la profession souhaitait ! » Sarzeau, Arzon et Saint-Gildas-de-Rhuys, les trois principales communes, accueillent une importante population saisonnière. Victime de son succès, depuis une dizaine d'années, les prix à la vente ont doublé. « Ça fait trente-deux ans que je suis dans la presqu'île, je n'ai jamais vu ça ! », s'exclame Serge Malinverno, de l'agence Ker Floren, à Sarzeau.
Son analyse ? « Les prix sont beaucoup trop chers, on en paie les pots cassés. Et ça se combine avec le manque d'argent. » Conclusion : « Il faut se serrer les coudes et attendre. Je suis optimiste : il faut que ça s'effondre, de 20 à 30 % minimum. » Pour Paul Bénéat, l'illustration de ce tassement du marché, c'est le temps d'attente pour vendre un bien. « Pour les résidences secondaires, le marché est porteur de mars à octobre. Le temps d'attente est passé de 4 à 6 mois. Aujourd'hui, celui qui vend son bien baisse ses prix d'environ 5 à 10 %. Nous observons cette baisse depuis l'été dernier. »
« Ça se maintient ! »
Un document publié par la chambre des notaires confirme la diminution des prix sur la presqu'île : -1, 3 % à Saint-Gildas-de-Rhuys notamment alors que les tarifs ont tendance à augmenter dans le Golfe (+8,80% pour les appartements et +7,30 % pour les maisons).
A Arzon, les professionnels de l'immobilier notent déjà une forte décote de l'ancien, de 30 à 40 ans, sans personnalité et avec des travaux. Une décote qui peut aller jusqu'à 40 % ! Jean-Charles Jégo, de Century 21, ne voit dans la situation de l'immobilier à Arzon que des bonnes nouvelles : « Nous sommes dans un marché qui se débloque, riche en opportunités. » Selon lui, « il faut s'accrocher et faire des propositions ! » Un optimisme partagé par Lidia Siné, de l'agence Saint-Gildas Immobilier. « Le marché ne s'effondre pas comme on peut l'entendre ici où là. Au contraire, ça se maintient. »
Le marché de la location est lui aussi victime de la hausse des prix. L'agence Durand de Sarzeau le confirme : « Ça reprend un peu à la vente, mais pour les locations à l'année, c'est inférieur à ce que l'on espérait ». Céline Marnas, de l'agence du même nom, constate à la fois « moins de demandes, et moins de biens ». Une maison de quatre chambres avec vue et accès direct à la mer, à Saint-Jacques, se loue 1 400 € par semaine en août. « Les demandes sont plus ciblées sur les grandes maisons, partagées entre plusieurs familles, que les petits appartements. »
L'avenir, pour les agents immobiliers, se joue dans le domaine des services. « Nos clients sont souvent des actifs, qui ont un projet précis, explique Paul Bénéat. Dès qu'on a une affaire à leur proposer, on leur envoie les éléments par Internet : des photos, des plans... » Rien n'est de trop pour séduire les accédants à la propriété.
Armelle LOISEAU, Ouest-France
Le prix du mètre carré dans la presqu'île
A Arzon. 400 € le m² de terrain bien situé ; 4 500 € le m² pour un appartement ; 4 000 € le m² pour une maison de 50 m² et 3 500 pour une maison de 120 m².
A Sarzeau. 200 à 205 € le m² pour un terrain à bâtir entre 400 et 600 m² ; 2 800 à 3 000 € pour un appartement ancien.
A Saint-Gildas-de-Rhuys. 300 € le m² pour un terrain bien situé sans vue sur la mer (700 m² minimum) ; 3 000 à 3 500 € le m² pour un appartement ancien.
Retrouvez toute l'actualité de l'immobilier