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mercredi 30 avril 2008

Immobilier : les Anglais un peu plus frileux


La clientèle britannique serait moins concernée par la hausse des prix. Même si elle prend plus de temps pour acquérir une résidence en Normandie. Exemple dans le Bocage virois.

C'est pendant leur voyage de noces, il y a deux ans, qu'Allan et Lindsay Redman sont tombés amoureux de la Normandie. De ses côtes, d'abord, de sa campagne tranquille ensuite. Le couple a jeté son dévolu sur une spacieuse maison en pierre, agrémentée d'un hectare de terrain verdoyant à Étouvy, à 7 km de Vire.

Ils l'ont achetée 255 000 € en octobre 2007, y ont emménagé en février dernier. Définitivement. « Nous avons d'abord vendu notre maison en Angleterre, dans le comté d'Hampshire. Il le fallait : en Angleterre, un vendeur et un acheteur peuvent se mettre d'accord sur un prix et changer d'avis au bout de trois mois. En France, il y a l'offre, le compromis de vente et trois mois jusqu'à l'acte de vente. C'est plus sûr », détaille Allan, en anglais.

Dans leur recherche, Lindsay et Allan ont fait appel aux conseils d'Ian Hayward, « french property consultant » au sein du cabinet Marc Trouverie, à Vire. L'homme est spécialement chargé de la clientèle britannique, qui conclut 30 % des ventes totales de biens. Ces derniers mois, elle se fait plus rare. « Habituellement, la saison commence à Pâques. Actuellement, les crédits anglais, plus difficiles à obtenir, et la parité euro-livre sterling ne sont pas en faveur du marché de l'immobilier français, analyse Ian Hayward, dans un accent français chantant. Dernièrement, j'avais une maison à vendre près de Vassy, au prix net vendeur de 275 000 €. Un couple d'Anglais était d'accord sur ce prix, mais quelques mois plus tard, il est revenu en disant : OK, je peux l'acheter mais seulement 260 000 € car c'est le prix auquel j'ai vendu ma maison en Angleterre. »

« Ils aiment la France »

Selon l'agent immobilier, l'augmentation des tarifs du ferry a aussi sa part de responsabilité. « Les allers-retours pour visiter des maisons ne sont plus si réguliers. Les Britanniques mettent plus de temps. » Ce n'est pas seulement le prix qui a décidé le couple Redman. « Nous apprécions la tranquillité du jardin qui va avec la maison. Et puis, ici, c'est comme l'Angleterre d'il y a cinquante ans. La France a gardé ses petits commerces dans les campagnes. »

Ian Hayward confirme la tendance : « Ces trois dernières années, les Anglais achetaient en France parce que c'est moins cher qu'en Angleterre. Depuis qu'ils achètent dans l'est et en Allemagne ceux qui s'installent ici aiment la France. » Allan et Lindsay Redman sont de ceux-là. Bientôt, leurs enfants viendront découvrir leur nouveau domicile. Et puis, c'est décidé, le couple se mettra à apprendre le français. « Nous voulons nous intégrer. Et pouvoir discuter avec les gens de notre village. » Ils ont déjà commencé, dans ces petits commerces « si accueillants ».

Source : Ouest-France - Angélique CLÉRET


Plus d'info : consultez notre dossier spécial "Escales immobilières en Basse-Normandie"



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