mercredi 26 mars 2008
Après plusieurs années de hausse à 2 chiffres, les coûts des transactions montrent une stabilisation du marché.
« 2008 sera une année charnière pour le marché de l'immobilier. Une année où les vendeurs devront s'adapter aux possibilités des acquéreurs. » Henri Maurey, président de la chambre des notaires des Côtes-d'Armor, dresse un constat lucide de l'orientation des prix enregistrés en 2007 par ses confrères dans le département.
La baisse des prix au mètre carré dans le secteur des appartements de plus de cinq ans est réelle
- 3 % dans l'ensemble des Côtes-d'Armor, - 5 % à Dinan et le pays de Lamballe, - 3 % pour le littoral du Goëlo et côte de Granit rose. « Stabilisation » est le maître mot des notaires. Un euphémisme après des années de croissance à deux chiffres (+ 106 % depuis 1999, + 50 % en cinq ans). Car même si la côte d'Émeraude (+ 9 %), l'Argoat, Guingamp, Lannion (+ 11 %) et Saint-Brieuc (+ 6 %) connaissent encore une hausse des prix, la tendance générale est plutôt au coup de frein. Preuve en est le nombre des transactions qui diminue, et les délais de vente qui s'allongent.
Les notaires parlent d'inadéquation de l'offre et de la demande : « Il y a des biens à vendre et les acquéreurs sont en face, mais les transactions se font sur les plus petits prix. Le problème, c'est qu'avec la hausse des taux d'intérêt et les prix actuels, ce que l'on donne à la banque, on ne le donne pas aux vendeurs. Les gens n'ont plus peur d'étudier le marché avant d'acheter, de faire le tour et de réfléchir. »
Le secteur du neuf connaît aussi une correction
La baisse moyenne du prix des appartements au mètre carré est de 3,30 %. Ce fléchissement est essentiellement dû à la situation des biens échangés. Les prix modérés dans les villes attirent les investisseurs extérieurs. Les programmes sur le littoral bénéficient de la demande croissante en résidence de loisirs. Ainsi, 77 % des acquéreurs en neuf viennent d'un autre département français, et 30 % viennent de la Région parisienne. Quant au prix des terrains à bâtir, il continue d'augmenter : + 7 % pour l'ensemble du département.
Le marché est sain
Les notaires constatent une réorientation des achats, moins spéculatifs, plus adaptés à une demande réelle, notamment du côté des jeunes ménages. « Ce réflexe de prudence va réguler le marché : la demande s'est stabilisée, il faudrait que les vendeurs adoptent la même démarche. » Dans les Côtes-d'Armor, le recadrage sera sans doute moins important que dans d'autres départements où une hausse plus brutale a été enregistrée. « Sur cinq ou dix ans, la plus-value restera de toute façon très intéressante », relativisent les notaires. « Le marché est sain. Nous allons vivre quelques ajustements qui seront un aboutissement naturel d'une longue période d'augmentation des prix. C'est un phénomène naturel. »
En savoir plus : consultez notre dossier sur le littoral breton
Source : Ouest-France – A. Bihel