Depuis le 1er mars, seule une entreprise certifiée peut retirer des sols ou des faux-plafonds contenant de l'amiante non friable.
C'est une obligation. Depuis le 1er mars, toute entreprise qui veut retirer des matériaux contenant de l'amiante non friable, doit être certifiée. Cette nouvelle réglementation concerne de nombreux métiers du bâtiment intervenant sur les chantiers de construction ou de rénovation : les démolisseurs, couvreurs, moquettistes, plombiers... L'amiante non friable (l'amiante-ciment par exemple) se retrouve en effet dans de nombreux matériaux : cloisons, dalles de sol, faux-plafonds, gaines, mastics...
Bref, pour de nombreuses petites et moyennes entreprises, l'obtention de cette nouvelle certification 1 512 s'avère incontournable si elles ne veulent pas perdre des chantiers. D'ores et déjà, sur son site Internet, une assurance spécialisée dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, prévient : à compter du 1er mars, « l'inspecteur du travail pourra faire arrêter le chantier si l'attestation de qualification ne lui est pas remise ».
Tempo propose une franchise
Toute la difficulté, notamment pour les artisans qui ne disposent pas d'autant de moyens que les grandes entreprises, est donc d'obtenir cette certification dont les démarches s'étalent sur plusieurs mois. L'entreprise doit en effet démontrer sa capacité à identifier les risques, à mettre en place un plan de confinement, à contrôler les niveaux d'empoussièrement... Sans oublier qu'en théorie, l'entreprise certifiée sera auditée chaque année par l'un des deux organismes agréés, Qualibat ou l'Afaq-Afnor. « La qualification n'est pas facile à obtenir. Elle demande beaucoup de rigueur », confirme-t-on à l'INRS (Institut national de recherche et de sécurité).
Dans un tel contexte, Dominique Florio, à la tête de Tempo, entreprise spécialisée dans le désamiantage, à Noyal-sur-Vilaine, propose une franchise aux entreprises du bâtiment. « L'entreprise X, par exemple, effectuerait les travaux de désamiantage sous les couleurs de Tempo. Le reste du chantier resterait, en revanche, de sa responsabilité », explique l'entrepreneur qui est aussi responsable de la commission « amiante » à la fédération française du bâtiment.
Tempo se charge ainsi de former, durant 12 semaines, le technicien amiante de la société, de l'aider à monter le dossier de certification et lui accorde une exclusivité sur un territoire. Coût pour l'entreprise : 38 000€ de droit d'entrée et d'exclusivité territoriale, 24 000€ par an de redevance et 3 % du chiffre d'affaires « désamiantage ».
Dominique Florio espère ainsi parvenir à installer 30 franchisés d'ici à deux ans en France. Reste une certitude : que l'entreprise de bâtiment adopte le système de la franchise ou se fasse certifier par ses propres moyens, « le coût reste relativement cher. Il faut que l'entreprise ait un minimum de chantiers pour que la certification soit intéressante financièrement », confirme-t-on à l'Afaq-Afnor.
Source : Ouest-France
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