mercredi 16 janvier 2008
Un dynamisme démographique très marqué sur le littoral atlantique et dans les communes de moins de 10 000 habitants situées dans un couloir allant de Saint-Malo à La Roche-sur-Yon. Les derniers chiffres de l'Insee confirment aussi la diffusion de l'habitat, de plus en plus loin des grandes villes.
L'Ouest a vu sa population augmenter de 55 000 habitants en un an, atteignant 8 011 000 habitants, selon l'estimation provisoire de l'Institut de la statistique et des études économiques (Insee). Globalement, nos régions se situent toujours dans le peloton de tête de la croissance démographique française. Les Pays de la Loire assurent plus de la moitié de cette croissance (+ 29 000 habitants), la Bretagne continue sur un bon rythme (+22 000) et la Basse-Normandie suit une pente plus lente (+4 000). De l'Aquitaine à la Bretagne, les Régions de la façade atlantique continuent leur belle croissance, comme celles du Sud-Est et l'Alsace.
Prime au littoral atlantique
Cette croissance évolue à des rythmes différents : 0,3 % par an en Basse-Normandie, 0,85 % en Bretagne, 0,9 % dans les Pays de la Loire. Ces derniers sont presque à égalité avec l'Aquitaine, mais encore loin du champion en métropole, le Languedoc-Roussillon (1,32 %). Le département de la Vendée, avec un taux de croissance de 1,4 % par an, l'Ille-et-Vilaine (1,16 %), le Morbihan et la Loire-Atlantique (1,1 %) sont les plus dynamiques. Si tous les départements sont positifs, l'Orne n'augmente pratiquement pas et le Maine-et-Loire se traîne derrière les quatre autres départements de sa Région.
Il y a d'autres différences. La croissance démographique de la Bretagne est largement due aux arrivées de population, active et retraitée. Dans les Pays de la Loire, l'augmentation est autant due au solde naturel (excédent des naissances sur les décès) qu'à l'arrivée de nouveaux habitants. La Basse-Normandie ne compte que sur son solde naturel.
L'effet route des Estuaires
Les enquêtes de l'Insee qui ont pris le relais du recensement général de la population, depuis 2004, arrivent à un premier terme. La carte ci-contre montre la répartition de la croissance des communes. La taille et la couleur des ronds orange montrent la présence des secteurs les plus dynamiques, le bleu illustre une baisse de la population. De manière forte, la croissance de ces dernières années profite aux communes du littoral atlantique, d'Auray et Vannes à Olonne-sur-Mer.
Le développement de Rennes irrigue jusqu'à 40 km de la ville, dans toutes les directions. Le désenclavement permet à la population de s'établir dans les communes rurales moins chères, bien desservies par les axes routiers : de Vannes à Nantes, du Mans à Angers, de Saint-Malo à Rennes et Nantes, de Rennes à Laval. C'est là aussi que l'emploi se développe. L'effet route des Estuaires commence à se faire sentir.
Cette évolution se fait parfois au détriment des villes centres. Ainsi, Caen, Cherbourg, Brest, Le Mans, Alençon, Saint-Lô, Saumur ont perdu entre 0,7 et 0,3 % de leur population chaque année depuis 1999. Certaines grosses communes limitrophes baissent aussi (Hérouville, Tourlaville, Le Relecq-Kerhuon, Avrillé, Allonnes...).
Didier EUGÈNE.